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Succession & Patrimoine

Sécuriser un logement en succession : guide complet 2026

BG2SP

Un logement en succession non sécurisé est une cible privilégiée pour les squatteurs, les cambrioleurs et les dégradations. Entre le décès et le règlement de la succession, il peut s'écouler plusieurs mois, voire plusieurs années, pendant lesquels le bien reste vulnérable. Les héritiers ont une obligation de conservation du patrimoine et peuvent être tenus responsables en cas de problème. Ce guide vous explique comment sécuriser efficacement un logement en succession.

Obligations juridiques des héritiers

Dès le décès, les héritiers sont tenus à une obligation de conservation du bien successoral (article 815-2 du Code civil). Cela signifie qu'ils doivent prendre toutes les mesures raisonnables pour préserver le logement en attendant le règlement de la succession. Le défaut de sécurisation peut engager leur responsabilité civile en cas de :

  • Squat : occupation illégale du logement par des tiers, entraînant une procédure d'expulsion longue et coûteuse.
  • Dégradations : vandalisme, vols de cuivre, destruction de biens mobiliers appartenant à la succession.
  • Sinistres : dégât des eaux non détecté, incendie, explosion de gaz (défaut d'entretien des installations).
  • Troubles de voisinage : nuisances causées par le logement vacant (squatteurs, insalubrité).

En cas de litige, les héritiers devront démontrer qu'ils ont pris des mesures de sécurisation adaptées. L'absence totale de surveillance peut être considérée comme une négligence.

Pourquoi un logement en succession est-il particulièrement vulnérable ?

1. Absence d'occupant visible

Un logement en succession est par définition inoccupé. Les squatteurs repèrent rapidement ces biens : volets fermés en permanence, boîte aux lettres débordante, absence de véhicule, absence d'entretien extérieur (jardin, déneigement). Cette absence de vie est un signal d'alerte pour les intrusions.

2. Durée d'exposition prolongée

Une succession "simple" dure en moyenne 6 à 12 mois. Mais en cas de désaccord entre héritiers (indivision conflictuelle), de succession internationale, ou de recherche d'héritiers, le logement peut rester vacant pendant 2, 3 voire 5 ans. Plus la durée est longue, plus le risque de squat ou de dégradation augmente.

3. Multiplicité des intervenants

Pendant une succession, de nombreuses personnes peuvent avoir besoin d'accéder au logement : notaire, expert immobilier, héritiers, entreprises de débarras, agents immobiliers. Cette multiplication des passages peut créer des failles de sécurité (clés perdues, accès non contrôlés, portes mal refermées).

4. Valeur patrimoniale

Un logement en succession contient souvent des biens de valeur : meubles anciens, bijoux, objets d'art, cave à vin, cuivre (installations électriques, plomberie). Ces biens attirent les cambrioleurs qui profitent de l'absence de surveillance pour les dérober.

Comment sécuriser efficacement un logement en succession ?

Solution 1 : Rondes de surveillance

Des rondes hebdomadaires ou bihebdomadaires permettent de vérifier l'intégrité du logement, détecter rapidement une intrusion et dissuader les squatteurs. Un agent de sécurité passe, photographie l'état du bien et rédige un rapport horodaté.

Idéal pour : Successions courtes (6-12 mois), logements en zone résidentielle.

Tarif indicatif : 80-150€/mois

Solution 2 : Gardiennage ponctuel

En cas de risque élevé (quartier sensible, squat dans le voisinage), un agent de gardiennage statique assure une surveillance permanente pendant les périodes critiques (nuits, week-ends). Présence dissuasive très efficace.

Idéal pour : Situations à risque élevé, logements contenant des biens de valeur.

Tarif indicatif : 25-32€/heure HT

Solution 3 : Sécurisation passive

Renforcement des accès (barres anti-effraction, portes blindées temporaires), installation d'un système d'alarme avec télésurveillance, éclairage automatique. Efficace mais nécessite des travaux.

Idéal pour : Compléter les rondes, logements en zone peu exposée.

Tarif indicatif : 500-2000€ selon équipements

Solution 4 : Gardien de bien

Un occupant temporaire (gardien de bien) s'installe dans le logement en échange d'un loyer symbolique. Solution économique mais nécessitant un cadre juridique clair et des conditions d'occupation définies.

⚠️ Cette solution doit impérativement être encadrée par une convention écrite validée par le notaire.

Idéal pour : Successions très longues, logements habitables.

Tarif indicatif : Gratuit ou loyer symbolique

Cas pratique : Succession bloquée à Nantes

Contexte

Une maison en succession à Nantes (quartier Doulon) reste vide pendant 14 mois suite au décès du propriétaire. Les 3 héritiers sont en désaccord sur la vente. Le notaire recommande fortement la sécurisation du bien pour éviter le squat (plusieurs cas dans le quartier).

Solution mise en place

Les héritiers contactent BG2SP qui propose des rondes hebdomadaires : un agent passe chaque lundi matin, vérifie les accès (portes, fenêtres, portail), photographie l'état du bien et rédige un rapport horodaté transmis aux héritiers et au notaire.

Résultat

Aucune intrusion pendant 14 mois. Les héritiers ont fini par trouver un accord. Les rapports de rondes ont été transmis à l'acquéreur comme preuve d'entretien et de surveillance. Le notaire a félicité les héritiers pour leur gestion responsable.

Coût total

120€/mois × 14 mois = 1680€ (charges déduites de l'actif successoral lors du règlement).

Conseils pratiques pour les héritiers

  1. Agir rapidement : Mettez en place la sécurisation dans les 15 jours suivant le décès, avant que le logement ne soit repéré comme vacant.
  2. Informer le notaire : Transmettez-lui les contrats de sécurisation et les rapports de rondes. Il pourra les intégrer au dossier de succession.
  3. Conserver les preuves : Archivez tous les rapports, photos et factures. Ils démontrent votre diligence en cas de contentieux.
  4. Coordonner avec les voisins : Prévenez-les de la situation et demandez-leur de vous alerter en cas d'activité suspecte.
  5. Vérifier l'assurance : Assurez-vous que l'assurance habitation couvre le logement vacant et prévoyez éventuellement une extension de garantie.
  6. Gérer les fluides : Coupez l'eau et le gaz si le logement est vacant et après information du notaire, afin d'éviter tout sinistre. Maintenez l'électricité pour l'éclairage automatique.
  7. Entretien minimum : Faites ramasser le courrier, entretenez les espaces extérieurs (jardin, déneigement) pour ne pas signaler l'abandon.

Questions fréquentes

Les héritiers sont-ils responsables d'un logement en succession non sécurisé ?

Oui. Même pendant une succession, les héritiers ont une obligation de conservation du bien. En cas de squat ou de dégradation, ils peuvent être tenus responsables, notamment vis-à-vis de la copropriété, des voisins ou de l'assurance. Il est essentiel de démontrer qu'ils ont pris des mesures raisonnables de sécurisation.

Combien de temps peut durer une succession bloquée ?

Une succession peut durer de quelques mois à plusieurs années selon les situations : désaccord entre héritiers (indivision conflictuelle), recherche d'héritiers, succession internationale, dettes du défunt. Pendant ce temps, le logement reste vulnérable et doit être sécurisé.

Peut-on expulser un squatteur d'un logement en succession ?

Oui, mais la procédure est longue (plusieurs mois). L'expulsion nécessite une décision de justice et l'intervention d'un huissier. Entre-temps, le logement se dégrade et la situation se complexifie. Mieux vaut prévenir le squat par une sécurisation préventive.

Le notaire peut-il imposer la sécurisation du logement ?

Le notaire peut fortement recommander la sécurisation du bien en succession, surtout si le logement est vacant. Il peut également exiger des preuves de sécurisation (rapports de rondes, contrat de gardiennage) pour se prémunir contre sa responsabilité en cas de sinistre.

Quelles preuves faut-il conserver en cas de problème ?

Conservez tous les rapports de rondes horodatés, les contrats de gardiennage, les photos du bien, les factures de sécurisation et les échanges avec le notaire. Ces preuves démontrent que vous avez agi en bon gestionnaire et protègent votre responsabilité en cas de contentieux.

La sécurisation d'un logement en succession est-elle déductible fiscalement ?

Les frais de gardiennage et de sécurisation d'un bien en succession font partie des charges de conservation du patrimoine successoral. Ils sont généralement déductibles de l'actif successoral. Consultez votre notaire ou comptable pour validation selon votre situation.

Qui paye la sécurisation d'un logement en succession ?

Les frais de sécurisation sont à la charge de la succession et seront prélevés sur l'actif successoral lors du règlement. Les héritiers doivent généralement avancer les frais, qui seront remboursés lors du partage. En cas d'indivision, les frais sont répartis entre les indivisaires.

Peut-on sécuriser un logement en succession sans l'accord de tous les héritiers ?

Pour un bien immobilier en indivision, les actes de conservation (dont la sécurisation) peuvent être décidés par un seul indivisaire sans l'accord des autres (article 815-2 du Code civil). En revanche, il est recommandé d'informer le notaire et les autres héritiers pour éviter les conflits.

Beaucoup de successions se compliquent non pas à cause des héritiers, mais à cause d'un logement laissé sans surveillance.

Besoin de sécuriser un logement en succession ?

BG2SP vous propose des solutions adaptées : rondes hebdomadaires, gardiennage ponctuel ou dispositif sur mesure.

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